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Il y a 25 ans

2 mars 1995

Demi-siècle et plus pour le Collège

Patten et 75 ans pour le Hindu-Girls

 

Collèges privés dans pince. Leurs salles de classe se vident au profit de nouveaux collèges d’Etat anonymes, aux recteurs aussi interchangeables, sinon jetables, que ceux d’établissements…confessionnels. S’agirait-il de gangrène centraliste, abusive, totalitaire, délégation de pouvoirs accaparée par suiveurs macrocéphales ? Serait-ce état-major, planqué loin d’escarmouches quotidiennes, de lutte anti-caria, de fronts antidrogue synthétique, anti-harcèlement scolaire, fantasmant devant échiquier abdiqué, récompense d’assiduité plus grande, avec pléthore de pions à transférer peut-être de manière punitive ?…Ces grands-maréchaux ont-ils fait classe avec des collégiens-Prévoc, incapables d’écrire leur nom mais excellant dans le footsal en classe, avec casque de moto ou poubelle en guise de ballon ? De quoi pondre des épîtres-lamentations sur la démotivation laïque de…légionnaires et autres fidèles-chair-à-canon liturgique. Regrettable quand on imagine qu’écoles et collèges confessionnels devraient, outre les 50% de places squattérisés par Etat incapable d’offrir aux enfants mauriciens l’Ecole de Réussite totale avec zéro de recalés au CPE/PESAC, devraient devenir l’Ecole de Formation d’élèves-futurs-piliers de paroisses et mouvements religieux, appelés à reprendre fermement, des vacillantes mains de leurs aînés, l’apostolique flambeau pastoral…Mais…qu’est journaliste pour vitupérer ainsi ? Vite un coup de crosse qu’on le musèle. Travailler en équipe mais écimée, comme disait Virgile Nazroo.

L’excellent Dr Neerunjun Gopee se désole (Mauritius-Times, 28.2.2020) devant ces bancs de collège privé disponibles, attendant désespérément de se remplir de nouveau, comme dans les années 1960-70, grâce à une inépuisable population estudiantine, avide de savoir, de connaissances, de culture générale, que titille l’ardent désir d’échapper à pauvreté-esclavage ancestrale, fruit d’illettrisme qu’imposent souvent nouveaux maîtres-négriers, refusant de partager même les miettes de privilèges oligarchiques, leur réservant les avantages d’alphabétisation et éducation. Il narre, avec l’émotion voulue, l’atmosphère studieuse prévalant, avant le cyclone Carol (29.2.1960), dans la vieillotte école anglicane de Curepipe-Road (Ecole Baichoo, aujourd’hui Mgr-Otterbarry), aux modestes salles de classes partitionnées d’humbles paravents en hardboard, classes sous la varangue, sinon à l’ombre d’eucalyptus. On y formait de futurs excellents médecins, faisant honneur autant à la Faculté qu’au pays, mais aussi chroniqueurs à la plume agréable à suivre.

Curieux gouvernement ML/MSM et transfuges, chouchoutant vieux et vieilles car électeurs/électrices, mais condamnant à mort collèges privés, aux bâtiments souvent flambant neufs, précieux investissements familiaux, fruits d’énormes sacrifices financiers, fréquemment assumés au détriment du mieux-être de la maisonnée. Ils ferment honteusement leurs portes, fautes d’élèves que braconnent outrancièrement collèges d’Etat où cleaner ou attendant, se prétendant proche d’un minus ou d’un marmiton de cuisine, peut flanquer pétoche maladive à son recteur et le réduire au statut de marionnette manipulable à l’envi. Un gouvernement intelligent se serait empressé de louer, au juste prix, ces bâtiments scolaires propices mais pourtant abandonnés, pour les transformer en services publics tous azimuts. L’imagination au pouvoir, les idées abondent dont centres communautaires, médiathèques, salles de réunion, de spectacle, de musique, ludothèque...

Mais un conseiller de village ne peut fantasmer cela. Il doit attendre qu’un privilégié descende de l’Olympe local, s’aventure chez lui, comprenne, par miracle, les aspirations d’une population rurale, pareillement étêtée, comprenne le bon parti à tirer d’anciens bâtiments scolaires en dur mais abandonnés. Peuple Admirable assez exigeant pour espérer l’avènement d’un gouvernement enfin intelligent que seul peut plébisciter un électorat plus avisé.

Des collèges privés ferment leurs portes, après décennies de bons et loyaux services, en faveur d’une jeunesse en quête de formation professionnelle et citoyenne. Nul merci. Mais le coup de pied signifiant à l’esclave, au coolie, au recteur, que son maître-proprio n’a plus besoin de lui. D’autres ont les chocottes à l’idée que leur tour pourrait advenir plus tôt qu’ils ne le pensent…

Espérons qu’il en sera différent pour le Collège Da-Patten, allant, en principe, sur ses 55 ans. L’Express salue ses 30 ans (17.2.1995). Jour de congé pour rendre les élèves plus allègres. Pourvu que PSSA ne lui en tienne pas rigueur. Il pourrait en cuire à l’audacieux s’autorisant pareilles prodigalités. Cuttaree, James-Burty, Siddick Chaddy, président la distribution de prix. A kotte Gaë-Gaë, Ton-Paulo ek Zan-Clod ? Parsuramen est en vadrouille au-delà du Bell-Buoy. Ramprogus, chef-éducateur, le remplace. Il concède qu’enseignants de collèges privés travaillent deux fois plus qu’homologues étatiques (en touchant peut-être deux fois moins…TenzionEna transfert pinitif dédans). Choonee fine capé…Ramprogus ose dire que nos collèges privés méritent la gratitude (coup de pied au cul plutôt) du RMM/MSM/PMSD, pour assurer ainsi l’éducation d’enfants faubouriens et villageois qui leur sont confiés.

James-Burty David fantasme…Education révolution spirituelle…Résistance contre ignorance, immoralité, injustice…Education, transmission de valeurs (de voleurs, pensent certains au ministère)…Formation citoyenne…(confiée parfois à irresponsables ministériels)…Trésor inestimable (curieuse définition de collèges bétonnés ruraux mais à l’abandon)…L’éducation déverrouille l’esprit (J’en connais qui devrait retourner à l’école)…Appel au ministère pour un plus grand soutien aux collèges privés (désormais condamnés à mort…Voyons si James-Burty, ministre, évitera cette hécatombe scolaire…)

Le regretté Jayen Cuttaree salue le fondateur Da Patten (pourtant du PMSD)…Mélomane, travailleur social, pédagogue, politicien…Homme de cœur (militant ?)…Charitable envers collégiens désargentés ne pouvant s’acquitter des frais de scolarité…Il compte parmi ses élèves un certain Rama Sithanen…Hommage particulier à Gavin Patten…Cuttaree réclame le livre narrant l’histoire du Collège-Patten (Est-il paru depuis ?)

Chady rappelle qu’appréhendant, avant le 21.12.1976, une défaite électorale, Chacha Ramgoolam, plus désespéré que jamais, promet que contribuables paieront désormais les frais de scolarité à la place des parents, dévalorisant ainsi l’enseignement secondaire (René Rivière, journaliste à Advance, écrit aussitôt que l’argent parental, ainsi économisé, payera plus aveuglément l’industrie des leçons dites particulières). Dev Virahsawmy s’arrange pour que cette promesse-bribe électoral se concrétise dès janvier 1977, forçant la démission ministérielle  du camarade, Heeralal Bhugaloo, mais repêchant magiquement Kher Jagatsingh. Pravind a retenu la leçon.

Chaddy accuse déjà le gouvernement de mépriser les recalés du CPE, créoles pour la plupart.

Jayen enguirlande Ranjiv Rampertaub, deux fois champion d’inter-collèges en Chiffres-et-Lettres, décrochant aussi un Grade-I aux examens du Senior-Cambridge.

A demain, pour les 75 ans du Hindu-Girls-College.

 

Yvan MARTIAL