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vous êtes ici : Les articles d'Yvan | A la Une il y a 25 ans | Lecture

Il y a 25 ans

4 mars 1995

Un Hindu Girls College bis est-il possible ou lui ferait

défaut permission et protection officielles et surtout élèves ?

 

The-Sun du 15.2.1995 n’a pas assez de place pour mettre en exergue le saje conseil de Bai Anerood, exhortant ses ministres, collaborateurs, suiveurs, de 1995 et d’après, à suivre benoîtement l’exemple du Hindu Girls College. (Son exhortation, pas encore mentorisée, vaut-elle encore quand un complot, savamment ourdi en hauts lieux, vise désormais l’élimination des collèges privés, sinon confessionnels, au profit de collèges d’Etat, sinon collèges payants, possible antichambre d’universités-champignons locales  Question peut-être impertinente mais devant être posée…Tout complice de fermeture forcée d’un collège privé crache sur le défunt Regent College…)

La fête fut…lors de la célébration des 50 ans de l’ex-Vedic-Vidyala (aujourd’hui Hindu Girls College). Apothéose même spectaculaire dans le gymnase fraîchement inauguré.

Présence du gratin local mais pas seulement de l’Hôtel du GM, pardon de l’enceinte parlementaire immunisant opportunément, sinon pro-pisse. Sont là Bai Anerood, Lady Jugnauth, Michael Glover, Choonee, Shyam Saran, ambassadeur de l’Inde, Ananda Rajoo, maire de feue la Ville-Lumière, NN. SS. Rex Donat et Maurice Piat, le très regretté Victor Glover, un Lieutenant-Général mais déjà dégradé, Prem Burton, PDG de PSSA, R. Proag, président du conseil d’administration du Hindu Girls College (sans qui ce gymnase serait resté château en Espagne, dossier poussiéreux confiné en placard cariaté…Dernière roue de charrette mais plus utile que toutes les mouches du coche).

Bai Anerood se dit ravi de partager l’allégresse estudiantine, prévalant en ce cinquantième anniversaire d’un collège tellement symbolique (Pense-t-il alors à l’élève du Regent College qu’il fut dans les années 1940 ? Au collégien devant participer pieds-nus aux examens du Senior-Cambridge, alors que vachers de Palma, village adoptif, bloquaient volontiers l’entrée ouest des Quatre-Bornes, réclamant ostensiblement l’accès au fourrage mais que leur refusait le Médine S.E. de Pierre de Comarmond ? Il faut être passé par là pour apprécier la valeur totémique des bâtiments scolaires durables d’entreprise scolaire aussi bénévole qu’Hindu Girls College. Nul mieux que Bai Anerood sait que chaque bloc de ces bâtiments est le fruit d’une passion dévorante, celle d’offrir fiers bâtiments scolaires, indiscutable fruit d’un travail d’équipe, soudant des bénévoles autant intègres que dévoués, au service de la plus noble des causes : la formation de jeunes filles hindoues et à travers elle l’édification d’une nation mauricienne indépendante, responsable, solidaire, familiale. Pauvre Bai Anerood…Il pense peut-être cela…La formule probablement…Mais prêchant possiblement dans le désert de notre individualisme forcené. A  Maurice aussi, tout commence par des apôtres assez intègres pour ne pas accaparer un cash des oboles-sacrifices collectées par d’harassants porte-à-porte…mais tout finit par la zizanie mortifère. Hier, on respectait pieusement l’obole sacrée de la veuve. Il suffit désormais de déposer un Sarojini-sans-tika sur la table pour que le pugilat commence. Le plus virulent est celui sachant n’y avoir pas droit mais déterminé à tuer père et mère pour empêcher que d’autres soient plus chanceux que lui. Et les temps changent, mon pauvre Auffray…)

Bai Anerood se souvient…Longue pause propice au suspense…Il…pose, en 1987, la première pierre de ce gymnase. (Il faut davantage de temps pour qu’une judicieuse suggestion journalistique se matérialise. Exemple : dix ans avant de relier rue Vandermeersch au réseau routier d’Ébène. Il faudra attendre un quart de siècle avant que la rue Malartic obtienne la même faveur. Les transports amoureux de nos ministres des Travaux favorisent nos embouteillages. Toute porte de sortie suggérée les froisse car leur sérail n’a pas pondu cet eurêka, ce sésame).

L’école des femmes et jeunes filles est mission sacrée, rappelle Bai Anerood. (Haro donc sur ceux qui en font une industrie lucrative ou qui privent les collèges privés de leur sacerdoce). L’éducation surtout féminine est un des piliers de l’édification de la nation mauricienne. (Voilà pourquoi nous minimisons tant l’œuvre pourtant exemplaire des France de La Giroday, Ursule Ramdenee, Sheila Baguant, Edmée Lavigilante, Antoinette Prudence…Notre société macho ne saurait oublier qu’elles sont des femmes à confiner au foyer, devant veiller au repos du guerrier. Qui les délivrera du mâle ?)

Choonee remercie chaleureusement les pionniers-fondateurs du Hindu Girls College. Grace à eux nos femmes et nos filles ne sont plus des poupées de cire et de son (Tonnerre d’applaudissements féminins). Succès garanti pour un ministre de charme.

En fin connaisseur, Michael Glover, ministre p.i. d’Education, loue l’excellent travail pédagogique des collèges privés (Gageons qu’en disant cela, il pense surtout à Shantilal Dhanjee. Son collège n’ayant pas de terrains de jeu, il fait de ses élèves d’invincibles champions toutes catégories de cross-country, au grand dam des champions de collèges huppés, devant se contenter d’admirer leurs talons…Il fut un temps où le collège Royal dominait de la tête et des épaules, entre autres, l’athlétisme mauricien…A-t-on vu un Catovert, même majorette, briller dans un stade athlétique ?)

L’Express rend compte aussi (15.2.995) de l’inauguration de ce gymnase mais pour signaler que l’éducation reçue est pour beaucoup dans le développement qui est le nôtre aujourd’hui (La preuve ? Nous sommes obligés d’importer des travailleurs engagés étrangers pour effectuer les travaux manuels, le dirty-work, que les élèves issus de l’École dite gratuite de la Réussite, du pré primaire au 3e cycle universitaire, du berceau au tombeau, méprisent. Mo pas fine prend léçons dites particulières pou trappe piosse, têtu, faucille, batte ciment, coude cimise ek caleçon…Fausse dignité avant salaires hautement rémunérateurs).

Les collèges sont des partenaires précieux dans notre développement (Voilà pourquoi sont-ils une race désormais en extinction…Y aura-t-il feu vert officiel, protection ministérielle mais surtout assez d’élèves si, demain, d’autres missionnaires voulaient créer un autre Hindu Girls College ?)

L’Express conclut en répercutant un saje constat : la population féminine mondiale est au tiers illettrée. Non seulement les Mauriciennes ou presque savent lire, écrire, compter, computer, mais encore devancent-elles les Mauriciens aux examens. Ne souffriraient-elles pas d’une discrimination sexuelle d’une société macho, que nous aurions seulement des lauréates et plus de lauréats ou presque. Justice règnerait alors…

 

Yvan MARTIAL