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vous êtes ici : Les articles d'Yvan | A la Une il y a 25 ans | Lecture

Il y a 25 ans

6 mars 1995

Freddy Appasamy : Notre démocratie régionale

se meurt…Nos municipalités en voie d’extinction…

 

Pour qui sonne le glas ? R. : Pour nos collectivités locales…L’Express nous apprend, hier, l’énième report d’élections villageoises. Frémissons à l’idée que le cabinet, issu du scrutin SC/HSC du 7.11.2019, comprend un ancien président de district qu’on pensait prometteur. A-t-il protesté contre l’énième déni de démocratie régionale et de proximité ? S’est-il tu sous prétexte qu’on lui confie une responsabilité différente ? A-t-il observé que l’énième renvoi électoral, parole donnée…parole profanée, humilie cruellement notre population rurale, traitée encore comme cinquième roue de calèche ? Heureusement pour les occupants du cabinet, leur principal adversaire est tellement empêtré avec ses coffres-forts saisis et réflexes de mauvais perdant, qu’il dénigre pareillement les légitimes jérémiades de notre population rurale. Adieu donc sainte aspiration paternelle, voulant essuyer toute larme perlant sur la joue de l’île Maurice souffrante. La déception de ceux croyant dans les vertus de toute démocratie au ras des pâquerettes, est d’autant plus vive que nos voisins réunionnais s’enthousiasment pour leurs prochaines élections municipales, bien que grandisse le spectre d’une pandémie de Corona Virus pouvant annuler ce scrutin. Nous n’avons même pas l’à-propos requis pour exploiter ce fallacieux prétexte pour justifier l’énième report d’élections villageoises, dues depuis belle lurette.

Le décès de Félix Laventure, le 20.2.1995, à Montréal, Canada, inspire-t-il Freddy Appasamy ? Il consent surtout une interview à L’Express (5.3.1995). Il y proclame la mort de notre démocratie régionale et prédit l’imminente disparition de nos municipalités. Nos conseillers municipaux et de district sont des morts-vivants. Le régime dynastique cuisinier en place les éliminerait d’un trait de plume que nul ne s’en apercevra. Pas plus d’importance qu’allumette utilisée à jeter en poubelle...

Son réquisitoire contre le centralisme totalitaire anti-démocratie régionale du pouvoir en place est aussi implacable que celui de Théa Mendelsohn contre notre phallocratie ancestrale (Voir L’Express d’hier) Qu’on juge un peu. Il n’espère rien de tout projet de réforme d’administrations régionales aussi mensonger que précédents. L’Histoire rappelle que notre démocratie régionale commence peut-être par un quasi gouvernement parallèle (qu’illustre adéquatement l’autonomie rodriguaise) pour s’acheminer vers une fin en peau de chagrin. Un miracle seul peut changer cela. Toute réforme régionale décidée par un pouvoir abusivement centralisateur émiettera encore ce qu’il reste de prérogatives municipales et régionales.

L’attestent les rognures imposées par les précédentes usurpations (Ordonnances 23 de 1903, 16 de 1962, loi de 1989, etc.). L’histoire de nos municipalités et conseils de district s’écrit à reculons. Mille fois les British-Born. Machine arrière…réforme en vue...La Loi Laventure confirme cela. La devise du ministère est : de mal en pis…Jusqu’à extinction de la race des conseillers régionaux, assez couillons pour mettre le doigt entre l’écorce d’une population exigeante, capricieuse, râleuse, injuste, et le tronc d’un régime stalinien que rien ne saurait dissuader. Les futures générations devront se rendre au musée pour imaginer ce qu’ont pu être nos conseils municipaux et leurs heures de gloire. Tous pareillement incapables d’éditer même un hebdomadaire régional, Idem pour une publication annuelle, faisant le bilan de l’année écoulée.

Freddy Appasamy parle en connaissance de cause d’un boycott de l’Hôtel du GM envers les municipalités. Boycott travailliste contre municipalités bleues ou muni-si-sales…Boycott PMSD/PT contre municipalités mauves…Boycott Bleu-Blanc-Rouge (PMSD/MSM/PT) contre les mêmes mauves. Et quand municipalités et Staline sont du même bord, c’est pire encore car les collectivités locales acceptent d’être le paillasson du Leader bien-aimé.

Même le GM 60-0 du 11.6.1982 tellement prometteur déçoit complètement en matière d’Administrations régionales. Il dissout les commissions administratives arbitrairement imposées par PMSD/PT, de 1979 à 1982, au lieu d’organiser des Municipales, les remplace par d’autres mais composées de seulement cinq administrateurs et pour quelques mois seulement, en attendant les Municipales du 12.12.1982. Dès août 1982, ceux de BBRH soumettent mesures de relance, de réforme, propositions de budgets, fonctionnement et développement. Ils attendent vainement le feu vert ministériel autorisant leur mise à exécution. Ils ne peuvent rien faire entretemps sans l’approbation ministérielle. Elle arrivera mais à la fin du mandat de cette commission administrative. Cette goujaterie révèle l’aspect hideux  de la médiocrité administrative nous asservissant : Quand on ne peut émuler les meilleurs, on les paralyse en les privant d’autorisations requises. Il s’en trouve se vantant d’avoir été ministres mais complices de cette abomination administrative.

Seuls certains maires, pouvant négocier d’égal à égal ou presque avec un Premier ministre, peuvent concrétiser les avancées qu’ils portaient dans leur cœur. Mais victoires personnelles souvent sans lendemain, leurs successeurs n’étant pas à la hauteur. Pareilles exceptions confirment qu’Hôtel du GM a déjà condamné à mort toute forme d’autorité régionale, échappant au contrôle de l’Olympe.

Des raisons expliquent ce blocage idéologique. D’abord une méconnaissance crasse de l’administration régionale, de démocratie de proximité, que seul l’incurable mépris pour le ti-dimoune explique. Ceux sortis des cuisses de Jupiter s’arrogent un droit divin sur le commun des mortels. L’Histoire prouve que plus progresse-t-on vers l’Indépendance imposée, la République-pour-faire-joli, et plus régresse-t-on en matière d’autonomie régionale. La réussite rodriguaise est l’exception confirmant cette règle.

Méfiance viscérale ensuite, sinon ancestrale, raciste et religieuse, de décideurs centralisateurs envers toute démocratie régionale. Ces décideurs sont pourtant représentatifs des composantes ethniques et religieuses de notre population. Bernique que cela. Certains cherchent paravents pour couvrir leur crâne dégarni. D’autres ont besoin de sous-vêtements en guise de paravents. On se calfeutre comme on peut.

En attendant le ministère d’Administrations régionales utilise municipalités et conseils de district comme des cagibis où placer pléthore de fonctionnaires qu’il recrute à sa guise, via la LGSC, qu’il impose aux collectivités locales, sachant que les derniers venus, auréolés du backing politique qu’ils s’attribuent, avec des complicités d’en-haut, amplifieront la zizanie prévalant, accentueront encore la démotivation déjà systématique.

En méprisant ainsi municipalités et conseils de district, ces usurpateurs nous gouvernant pissent allègrement sur l’électorat les plébiscitant. Pis encore….Des aspergés raffolent de cette aspersion d’en haut. Notre Manneken-Pis appréciera…

(A suivre)

Yvan MARTIAL