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Examen d’une motion concernant des cheminots sanctionnés après

une collision entre train et camion à Montagne-Longue, le 6.9.1948

 

Amis auditeurs, bonjour.

Le 7 mars 1950, le Conseil Législatif examine une motion privée du député Benjamin Samuel Émile, contestant les sanctions disciplinaires prises par le département du Chemin de Fer contre le garde ferroviaire Legrand, le mécanicien Gheereedharry et le chauffeur Papillon, alias Favory. Sookdeo Bissoondoyal seconde la motion.

Pendant l’heure du déjeuner, les députés ont examiné la déclaration du gouverneur, Hilary Blood, les mettant en garde contre le caractère trop personnel et trop délicat des motions privées contestant des sanctions disciplinaires et surtout leur inutilité. Nos députés ne parviennent à adopter une position consensuelle concernant les remarques du gouverneur Blood. Ce dernier invite le député Émile à développer sa motion.

Il fait longuement l’historique des sanctions disciplinaires prises. Il s’agit d’une collision, survenant à un passage à niveau, à Montagne-Longue, le 6 septembre 1948. Le garde-barrière ne ferme qu’un côté des barrières au passage d’un train, chargé de cannes à sucre. Cela fit croire à un chauffeur de camion que la voie était libre. La direction du Chemin de Fer accusa des employés ferroviaires d’avoir voulu, dans leurs dépositions, blanchir le conducteur du train au détriment du garde-barrière, en train de s’occuper de son dîner au lieu de gérer convenablement la double barrière du passage à niveau. Pareille attitude obligea le Chemin de Fer à payer d’onéreuses indemnités au propriétaire du camion accidenté. Le garde-barrière, étant payé à la journée, ne peut rembourser au Chemin de Fer les dépenses que sa négligence lui suscite. La direction ferroviaire utilise alors comme boucs émissaires les travailleurs à l’œuvre à bord de ce train et veut les obliger à rembourser les compensations payées au camionneur.

Le député Émile intervient en leur faveur mais Pierre Cantin, directeur du Chemin de Fer ne veut rien entendre.

Guy Rozemont accuse Cantin de n’avoir pas la compétence voulue pour diriger notre Chemin de Fer. Nos chefs de département ne sont pas des magistrats et n’ont pas le droit d’infliger des amendes. Ils doivent considérer leurs subalternes, non pas comme des animaux, mais comme des êtres humains, faits de chair et de sang.

Edgar Millien pense que la police ferroviaire doit dépendre du commissaire de police et non pas du directeur du Chemin de Fer.